Vingt-quatre familles déposent plainte ce mardi devant le tribunal judiciaire de Paris pour dénoncer la gestion de la contamination de laits pour nourrissons par la toxine céréulide. Ces parents d’enfants tombés malades réclament la désignation d’un laboratoire indépendant pour mener des expertises biologiques. L’action vise directement les industriels du secteur ainsi que l’État pour mise en danger délibérée d’autrui et blessures involontaires.
Cette procédure intervient un peu plus de deux mois après le déclenchement des premiers rappels de produits de la marque Guigoz. Selon les informations rapportées par la cellule investigation de Radio France, le collectif Intox’Alim, qui coordonne ces familles, dénonce également un maintien de denrées dangereuses sur le marché et une entrave à la manifestation de la vérité. Les plaignants souhaitent établir un lien de causalité formel entre la consommation des poudres de lait suspectes et les hospitalisations constatées.
Le céréulide, substance produite par la bactérie Bacillus cereus, est à l’origine de troubles digestifs pouvant s’avérer sévères chez les jeunes enfants. Si des retraits de lots ont bien été effectués par les autorités sanitaires, le collectif juge ces mesures insuffisantes et trop tardives. D’après les conseils juridiques des familles, l’enjeu de cette saisie judiciaire est d’extraire les analyses du contrôle exclusif des fabricants pour garantir la transparence des résultats.
Le dossier pourrait désormais évoluer vers l’ouverture d’une information judiciaire, comme l’indique Le Monde, ce qui permettrait la nomination d’un juge d’instruction. Les familles demandent une enquête approfondie sur la chaîne de transmission de l’alerte entre les sites de production et les services de la préfecture et du ministère de la Santé. À ce stade, les groupes industriels mis en cause n’ont pas formulé de commentaire officiel sur cette saisine.
