Le géant français du conseil et des services informatiques, Capgemini, a annoncé ce dimanche 1er février 2026 la mise en vente immédiate de sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS) aux États-Unis. Cette décision intervient après une semaine de fortes tensions liées à la révélation d’un contrat passé avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police fédérale américaine de l’immigration.
Un contrat controversé et des critiques politiques
Le contrat en question, signé le 18 décembre pour un montant de 4,8 millions de dollars, portait sur des missions de « skip tracing » (localisation et identification de personnes). La mission incluait des bonus indexés sur le taux de vérification d’adresses, une dimension jugée particulièrement sensible par les observateurs.
Cette collaboration a suscité l’indignation de plusieurs acteurs :
- Le gouvernement français : Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait demandé à l’entreprise de « faire la lumière » sur ces activités, les qualifiant de « moralement choquantes ».
- Les syndicats : La CGT a dénoncé une collaboration avec une agence dont les méthodes sont décriées et a lancé une pétition parmi les salariés.
- La Bourse : Le titre Capgemini a été ébranlé, enregistrant une baisse de plus de 10 % depuis le début de l’année 2026.
Les raisons de la cession invoquées par le groupe
Pour justifier cette séparation, Capgemini pointe du doigt des contraintes légales américaines. En raison de la nature classifiée des contrats fédéraux, le groupe affirme être dans l’impossibilité d’exercer un « contrôle approprié » sur les opérations de sa filiale, empêchant ainsi un alignement total avec les valeurs et objectifs du groupe.
« Le processus de cession de cette entité, qui représente 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025, sera initié immédiatement. »
Qu’est-ce que l’ICE ?
L’ICE est l’agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration et les douanes. Sous le second mandat de Donald Trump, elle est devenue le pilier d’une politique migratoire agressive, marquée par des rafles massives et un quota d’interpellations atteignant 3 000 par jour. L’agence est régulièrement critiquée par des ONG comme Amnesty International pour des cas de violences et de décès en détention.
