Le gouvernement a accédé aux demandes des partenaires sociaux afin de débloquer les négociations sur l’assurance-chômage. Selon un courrier du Premier ministre Sébastien Lecornu consulté par l’AFP mercredi 28 janvier 2026, l’exécutif retire la lettre de cadrage précédemment établie par François Bayrou, point de crispation majeur pour les syndicats et le patronat.
Dans ce document, le chef du gouvernement annonce avoir donné instruction d’engager les procédures d’agrément pour la convention du 15 novembre 2024 concernant les primo-entrants. Cette mesure réduit la durée minimale d’affiliation nécessaire pour être indemnisé, la faisant passer de six à cinq mois sur une période de vingt-quatre mois. Sébastien Lecornu a également validé l’avenant du 7 juillet 2025 relatif au dispositif de bonus-malus, qui ajuste les cotisations patronales sur les contrats courts en fonction du nombre de ruptures de contrats.
Cette main tendue intervient alors que le Medef conditionnait sa participation à la séance de négociation de ce mercredi à des engagements clairs du gouvernement. Les syndicats, à l’image de Force ouvrière, contestaient la légalité de l’ancien cadre de négociation devant le Conseil d’État, jugeant les contraintes budgétaires trop lourdes pour les droits des demandeurs d’emploi.
Le cycle de discussions actuel vise initialement une économie de 400 millions d’euros sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi après une rupture conventionnelle. Toutefois, les positions restent éloignées : le patronat ambitionne d’atteindre un milliard d’euros d’économies via une révision plus profonde du système d’indemnisation.
Le calendrier fixé par Matignon est serré. Les partenaires sociaux doivent aboutir à un accord sur l’assurance-chômage d’ici le 25 février, tandis que le volet sur les contrats courts est attendu pour le 25 mars. Sébastien Lecornu prévient néanmoins que le gouvernement prendrait immédiatement ses responsabilités en vue d’une réforme par décret si aucun compromis n’était trouvé à l’échéance de fin février.
