Quatre hommes condamnés en 2024 pour leur implication dans l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty comparaissent en appel devant la cour d’assises spéciale de Paris à partir de ce lundi. Le procès doit se tenir jusqu’au 27 février.
La cour d’assises spéciale d’appel de Paris examine à partir de ce lundi le dossier de quatre hommes condamnés en première instance pour leur implication dans l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, tué le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine. Les peines prononcées en 2024 allaient de treize à seize ans de réclusion criminelle.
Deux des accusés, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ont été condamnés à seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat. Tous deux étaient proches d’Abdoullakh Anzorov, l’auteur de l’attaque, abattu par les forces de l’ordre peu après les faits. Les magistrats de première instance ont retenu qu’ils avaient connaissance de la dangerosité de leur ami et qu’ils l’avaient assisté, notamment dans ses démarches pour se procurer des armes.
Naïm Boudaoud est également poursuivi pour avoir conduit Anzorov à Conflans-Sainte-Honorine le jour des faits et l’avoir déposé à proximité immédiate du collège du Bois-d’Aulne. Azim Epsirkhanov, de son côté, a été reconnu coupable d’avoir tenté de trouver une arme à feu pour le compte de l’assaillant, contre une somme de 800 euros, sans succès, selon les éléments retenus par la cour.
Les deux autres accusés jugés en appel sont Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, condamnés respectivement à treize et quinze ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste. Brahim Chnina est le père d’une collégienne à l’origine d’accusations mensongères visant Samuel Paty, affirmant que l’enseignant avait discriminé des élèves musulmans lors d’un cours sur la liberté d’expression. Ces accusations, bien que reconnues comme infondées par l’enquête, avaient été relayées sur les réseaux sociaux, notamment par Chnina et par le prédicateur Abdelhakim Sefrioui.
Dans leur décision, les magistrats avaient estimé que ces deux hommes, sans connaître personnellement l’auteur de l’attaque, avaient contribué à créer un climat propice au passage à l’acte en diffusant des messages ciblant l’enseignant, malgré les risques manifestes de violences. Ils avaient retenu que cette mobilisation avait pu nourrir la radicalisation d’un tiers.
En appel, les avocats des accusés contestent ces qualifications. Les conseils de Brahim Chnina soutiennent que leur client n’a jamais participé à une entreprise terroriste et demandent une réévaluation de son rôle. La défense d’Abdelhakim Sefrioui affirme également qu’aucun lien direct ou indirect ne le reliait à l’auteur de l’assassinat. Les avocats de Naïm Boudaoud et d’Azim Epsirkhanov dénoncent, pour leur part, une condamnation fondée sur des interprétations qu’ils jugent fragiles.
Du côté des parties civiles, la famille de Samuel Paty attend une confirmation des condamnations prononcées en première instance, tant sur les qualifications que sur les peines. Quatre autres personnes condamnées dans ce dossier n’ont pas interjeté appel et leurs condamnations sont désormais définitives.
